Gaspillage, opacité, escroquerie qui détourne la taxe Chirac?

Douste-Blazy et la taxe Chirac

Douste-Blazy et la taxe Chirac

Les dernières nouvelles des « restes du monde » : 1 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, sans comptez ceux qui souffrent de maladies incurables. Alors elle est où la taxe de 1€ instaurée par l’ONU sous impulsion de Chirac? C’est peut être ceux chargés de récolter la tune qui se sont pécho Alzeimer, non? Juste pour vous rafraichir la mémoire, je vous ai laissé une petite synthèse de l’histoire « pipot » de cette taxe  loin de remplir ses objectifs et qui visiblement enrichit en priorité des individus qui n’ont ni le sida, ni de problème de malnutrition. Si j’en parle c’est que dans le même temps, notre très grand président Hollande 1er a décidé tout seul d’augmenter cette taxe sur le sol français… vous allez surement comprendre pourquoi.

La proposition française d’instituer une taxe sur les billets d’avion pour financer l’aide aux pays pauvres a été adoptée en 2005 par 66 pays en faveur des « sources innovantes » de financement du développement (une taxe c’est une innovation toute neuve qui vient de sortir!..bravo on est content). Jusque là ça partait d’un bon sentiment, même si un impôt nouveau ne fait jamais plaisir à personne.

Dans cette déclaration, les pays signataires s’étaient engagés à travailler ensemble pour « approfondir et développer » le projet de « contribution de solidarité sur les billets d’avion » destiné à pallier l’insuffisance de l’aide publique au développement. Selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les objectifs du millénaire sur l’éradication en 2015 de l’extrême pauvreté et de la faim dans le monde ne seront pas atteints si le niveau de l’aide reste ce qu’il est aujourd’hui. Non?? Sans blague? Et ils viennent de le découvrir ces pauv’ cons!? Vous pensez vraiment aujourd’hui en 2013, que le problème va être résolu dès 2015?

Bref, cette idée brillante lancée à Davos par Jacques Chirac consistait à prélever une taxe sur chaque billet d’avion vendu, constituant ainsi une contribution d’un faible montant, solution plus simple que d’essayer de lutter contre la corruption qui, dans les pays concernés, consomme tout le pognon dédié aux actions humanitaires (encore et toujours aux mêmes de raquer). Cet argent serait affecté en priorité à la lutte contre le sida, la malnutrition, la tuberculose et le paludisme…bon. Pour le moment vous jugerez pas vous-même au regard de l’actualité, du succès de la dite taxe, vu qu’aucun de ces 4 fléaux n’a été éradiqué depuis. Nous sommes en 2013, plus que 4 ans pour sauver le tiers monde, on peut rêver.

Le gouvernement français estima en 2005 qu’une taxe de cinq dollars par billet en classe économique rapporterait 10 milliards d’euros par an si elle était mise en oeuvre dans le monde entier, soit un sixième de l’aide publique au développement. Restait à convaincre les pays développés, et en premier lieu les Etats-Unis, de la mettre en oeuvre (comme si c’était aux pays sous-développés de s’y coller en premier alors que la taxe collectée leur est prioritairement destinée). C’est comme leur demander de lutter les premiers contre la pollution avant que les Etats Unis s’y collent… c’est logique.

Dominique de Villepin à l’époque avait successivement présenté la proposition devant l’assemblée générale de l’ONU, puis lors d’une conférence de presse commune avec le président brésilien Lula da Silva, l’Espagnol José Luis Zapatero et le Chilien Ricardo Lagos, tous membres du groupe des six pays promoteurs de l’idée avec la France… de la branlette de diplomate qui s’emmerde dans son bureau!

Trois pays, la France, le Chili et le Royaume uni, se sont engagés à appliquer la taxe dès 2006 et en 2010, plus de 110 pays avaient signé le pacte de participation à cet impôt mondial pour sauver le tiers monde. En plus de la taxe sur les billets d’avion, le texte signé par les pays participants mentionne la proposition britannique de facilité financière internationale (IFF) soutenue par le gouvernement français : On voit aujourd’hui ce que la crise financière à fait de cette facilité financière. En sus, de nombreux pays développés demeurent hostiles à toute nouvelle taxe pour financer cette aide à commencer par les Etats-Unis, premier marché mondial pour le transport aérien. Donc voilà pour résumer, un tableau qui en dit long sur la bonne foi de nos dirigeants pour aider ces 4 milliards de terriens vivant dans une merde odieuse.

Où en sommes nous en 2013? La question est intéressante et la réponse aussi car aucun des pays signataires n’a pu ou voulu, présenter publiquement la méthode de recouvrement et de reversement de la taxe « Chirac ». Comment font-ils? Quel est le résultat? On aimerait savoir et je me suis donc empressé de trouver quelques informations fraiches. A ce titre je laisse les curieux lire le résumé de la commission parlementaire du 15 février 2011 concernant le rapport d’enquête de la Cour des comptes à propos de la taxe sur les billets d’avion son utilisation. On y apprend des choses très instructives qui nous rappellent que nous sommes bien en France.

Tout d’abord, la taxe a évolué depuis sa mise en oeuvre, bien sûr, inutile de s’arrêter à 1€ la taxe peut monter jusqu’à 40€ par billet en fonction de la qualité du vol acheté (classe, destination, coût global du billet, etc). Première nouvelle, on est loin du misérable 1€ qui passait inaperçu même si pourtant dans la pratique … tout le monde s’en branle! Il n’empêche que ça mobilise la cour des comptes, l’assemblée nationale, quelques ministres et tout le personnel qui va avec, plus la DGAC et donc la gestion de cet impôt que nous distribuons à des inconnus invisibles et non identifiés, et bien ça n’est pas gratuit et ça implique le travail d’individus largement payés.

Tout ça pour nous apprendre qu’on ne sait pas finalement si les fonds récoltés sont utilisés correctement!! Oui oui, personne ne contrôle l’usage des fonds aux pays destinataires. Faut être Enarque pour pondre un truc pareil, non? Cerise sur le gâteau, les frais de gestion et de traitement de la dite taxe engage « …des frais administratifs, des rémunérations et des honoraires des lawyers qui ont mis en place le système. » Devinez combien? 90 millions d’euros de frais pour l’année 2009. Oui oui vous m’avez bien lu : 90 millions pour les « lawyers » … sur 300 millions d’€ de fonds collectés sur un objectif de 10 milliards (putain, ça c’est de l’objectif de technocrate!).

Voici ce que répond  M. Alain Pichon devant la commission parlementaire :

Autant UNITAID me paraît gérée de manière saine, dans un souci d’économie – au moins en première ligne, puisqu’on ignore ce qui se passe après –, autant l’ensemble IFFIm, GAVI et GAV donne l’impression que des économies d’échelle et de moyens sont possibles, à condition que ces entités de droit anglais ou suisse l’acceptent.

La France initiatrice de l’idée de cette taxe fait partie des meilleurs contributeurs, si ce n’est le principal comme le rappelle M. Alain Joyandet en s’appuyant sur le rapport de la cours des comptes.

…Pourtant, la France est le pays le plus généreux du monde, devant les États-Unis, si l’on considère l’aide rapportée au PIB par habitant : quand la France met 10 milliards de dollars, les États-Unis ne contribuent qu’à hauteur de 23 ou 24 milliards. Et l’Union européenne finance plus de 55 % de l’aide mondiale au développement.

Tout cet argent est géré par une société d’avocats de droit Suisse ou Anglais sans que la France ait son mot à dire, pour quelles raisons?? Faudrait peut être que nos hommes politique se bougent le cul et tapent du poing sur la table au lieu de penser d’ors et déjà à l’augmentation de l’assiette de la taxe et aux prochaines élections… Ça me semble être un minimum vu le salaire des parlementaires et l’inexistence d’une consultation des Français au sujet de la dite taxe, surtout pour nous annoncer que la taxe doit être augmentée!! De qui se moque-t-on??

Autre surprise, vous apprendrez que 90% la dite taxe est redistribuée à Unitaid qui finance aussi … la fondation Clinton. Là encore aucune transparence sur le financement de la fondation, le Billy il peut continuer ses petites conférences, sa promotion en jet autour du monde en mouillant du cigare. C’est sûr qu’il doit pas être pressé de partir en retraite le monsieur Billy et on le comprend. Ça pourrait faire un bon Tintin du genre « Tintin et les Cigares de Bill », ou plutôt « Chichi et les Cigares de Billy »…. bande d’enfoirés de voleurs!

Le pire c’est que la commission parlementaire est incertaine sur ce point, car en réalité elle n’en sait rien : « UNITAID continue-t-elle à financer la fondation Clinton, et dans quelle proportion ? » …Putain bravo le contrôle de la distribution et de l’utilisation des fonds. Comme si cette fondation avait en plus besoin de cet argent? Alors que les américains n’appliquent même pas la taxe dans leurs propres aéroports? Qu’est ce qu’il branle Billy pour convaincre son pote Obama d’appliquer la taxe dans les aéroports Américains? Encore un gaspillage de NOS impôts Français pour enrichir une fondation américaine sans savoir ni combien ni comment? Inutile de s’emmerder pour une goutte d’eau dans nos impôts en pleine période de rigueur budgétaire, pourquoi se fatiguer, hein? On voit bien de quel côté se situe la rigueur…. pas du côté de ceux qui gouvernent apparemment!

Quoi de plus normal?? Et le pire c’est que la France s’est engagée dans cette énorme connerie jusqu’en 2026, rien que ça. On peut constater ironiquement que le résultat est flagrant : la situation des pays les plus pauvres s’améliore de jour en jour grâce à cette taxe, oulalalal qu’est-ce qu’ils vont mieux tous nos pauvres du tiers monde 🙂  bravo Hollande, bravo Chirac, bravo Douste, bravo Billy. Moi je crois que les avocats en charge du dossier sont surement en très bonne santé et qu’ils ne meurent pas de faim ni du palu, EUX. 90 millions par an….faut pas déconner!

Les commentaires de M. le ministre Philippe Douste-Blazy durant la commission sont éloquents.  La taxe et sa mise en oeuvre complexe font que finalement celle-ci est très peu appliquée par les pays riches et imposée dans beaucoup de pays en voie de développement : le comble alors que ces derniers pourraient eux même lever cet impôt pour le redistribuer dans leur économie locale! Dans le cas présent ils sont obligés finalement de financer les comptes d’UNITAID…avant que leur population ne voit la couleur de cet argent retomber dans leurs  hôpitaux ou dans le financement d’infrastructures utiles à la santé publique.

Pour conclure il s’avère que la taxe Chirac est une USINE A GAZ dont la gestion coûte très cher, et n’apporte pas de résultats aussi brillants qu’annoncés il y a 8 ans, tout en faisant la fortune de sociétés américaines qui n’ont rien à faire dans le processus de redistribution des fonds.

Jacques Chirac avait déclaré que grâce à cette taxe, on pourrait « éradiquer la faim dans les pays du tiers monde » en moins de 10 ans… Je crois surtout que la barre avait été mise en peu trop haute et que comme toujours ce con de Chirac devait trouver un « truc » pour rester dans l’histoire? Ou alors il se faisait tellement chier que pondre un projet pareil pourrait faire de lui un humaniste de premier plan. C’est n’importe quoi.

Il serait temps compte tenu de la crise, de revoir les conditions d’octroi de cette taxe, de contrôler jusqu’au bout le chemin emprunté par NOS IMPOTS et d’en juger l’usage sur le terrain avant qu’ils n’aillent servir au financement des partis politique ou d’autres activités douteuses. De la transparence en somme. Ce n’est apparemment pas la priorité de nos dirigeants ni de Douste-Blazy très fier de son idée de « logiciel de donation volontaire », mais qui s’est peu soucié de l’impact de la taxe (volontaire ou non) sur les populations concernées.

Chacun constatera que presque 10 ans après, enfin, une commission parlementaire décide de s’intéresser au rapport de la cours des comptes. Vu les surprises qui sortent de ce rapport, ça nous en dit long sur l’organisation et la mise en oeuvre de la taxe « Chichi » en amont. Faudra un jour faire le bilan pour la nation de toutes les conneries pondues par Jacques Chirac, comme par les autres d’ailleurs, on pourra au moins en estimer le coût par citoyen sans oublier par ailleurs les emplois fictifs de la ville de Paris ou le dossier « ExecutiveLife » avant que tout le monde ne finisse par oublier.

Je vous laisse méditer sur la taxe Chirac mais à l’avenir quand vous prendrez l’avion pour vos vacances, souvenez-vous qu’un tiers du montant de la taxe va à des compagnies privées d’enfoirés de juristes et d’avocats et qu’une part indirect (infime sûrement) dans le cigare quotidien de Bill Clinton 😉 Ça fait toujours plaisir (ainsi qu’à Monica) d’être au courant alors que sur terre dans le même temps, un enfant meure toute les 5 secondes de malnutrition et que nous ne savons même pas avec exactitude quelle part de cette putain d etaxe devrait leur venir en aide. Mais… silence, on gaspille!