Dossier municipal : cet article fait partie d’un dossier consacré aux
élections municipales à Libourne et aux questions adressées aux candidats.
D’un côté, la proposition de doubler les effectifs de la police municipale. De l’autre, la poursuite
d’aménagements urbains ambitieux, coûteux et structurants. Derrière les formules et les passes d’armes,
une question centrale s’impose : quelles sont les véritables priorités pour notre ville ?
Une confrontation déjà ancrée dans l’actualité
La récente séance du Conseil municipal a tourné, parfois, à l’avant-campagne. Sur le fond,
les échanges ont été vifs, notamment autour des enjeux de sécurité et de dépenses publiques. Pour en
savoir plus sur ce débat, lire l’article de
Sud Ouest : « Libourne, sécurité, chiffres et crédibilité ».
Des finances locales sous tension
En dix ans, la dette de la ville a doublé pour atteindre environ 1 800 € par habitant. Dans
le même temps, la dette du SMICVAL a progressé d’environ 47 % en six ans. Ces chiffres
ne relèvent pas de l’idéologie : ils traduisent une trajectoire qui doit être clarifiée face aux habitants.
Alors que certains projets urbanistiques coûtent plusieurs millions d’euros, on peut légitimement
s’interroger : est-ce réellement ce dont les Libournais ont le plus besoin aujourd’hui ?
La sécurité à Libourne : un coût ou une priorité fondamentale?
Le débat sur le doublement de la police municipale illustre cette tension. Certains y voient une dépense
excessive ; d’autres une réponse légitime à l’attente de tranquillité publique. Une ville sûre n’est pas
un luxe, mais bien un socle indispensable à la qualité de vie.
Des choix d’aménagements qui divisent
Pistes cyclables ici, grandes rues piétonnes là – des aménagements intéressants peuvent parfois être perçus
comme des projets de niche, qui ne concernent qu’une minorité d’usagers ou répondent à des courants de mode
(voir, par exemple, les positionnements des listes dans les municipales à venir avec des candidatures déjà
annoncées comme celle de l’union des droites :
Leresistant.fr sur la candidature de l’union des droites).
Le tout dans une ville où la dette se creuse, obligeant à arbitrer entre dépenses superflues et besoins
essentiels.
Le temps des arbitrages clairs
Gouverner, c’est arbitrer. On ne peut pas tout faire en même temps, surtout lorsque la dette progresse
et que les marges de manœuvre se réduisent.
Les Libournais attendent autre chose que des slogans ou des postures : ils ont besoin de transparence sur :
- La trajectoire réelle de la dette ;
- Les priorités d’investissement à court et moyen terme ;
- Les économies concrètes envisagées ;
- L’impact fiscal futur des choix actuels.
Une question simple : à quel prix ?
Transformer la ville, moderniser les espaces, repenser les mobilités : tout cela peut avoir du sens.
Mais pas au détriment des fonctions essentielles, comme la sécurité ou la tranquillité publique.
La campagne qui s’ouvre doit donc répondre clairement à cette question :
quel modèle de ville voulons-nous — et dans quel ordre de priorités ?
Au final, ce ne sont ni les slogans ni les intentions qui paient la facture. Ce sont les habitants.
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