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Gaspillage, opacité, escroquerie qui détourne la taxe Chirac?

Taxe Chirac : gaspillage, opacité et escroquerie ?

Philippe Douste-Blazy et la taxe Chirac
Philippe Douste-Blazy et la taxe Chirac

Les dernières nouvelles des « restes du monde » : 1 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, sans compter ceux qui crèvent de maladies incurables.
Alors elle est où la taxe de 1€ instaurée par l’ONU sous l’impulsion de Chirac ?
C’est peut-être ceux chargés de récolter la tune qui se sont pécho Alzheimer, non ?

Juste pour vous rafraîchir la mémoire, je vous ai laissé une petite synthèse de l’histoire « pipot » de cette taxe, censée remplir de nobles objectifs mais qui, visiblement, enrichit surtout des gens qui n’ont ni le sida, ni des problèmes de malnutrition.
Si j’en parle, c’est que dans le même temps notre très grand président Hollande 1er a décidé tout seul d’augmenter cette taxe sur le sol français… vous allez sûrement comprendre pourquoi.

Origine de la taxe sur les billets d’avion

La proposition française d’instaurer une taxe sur les billets d’avion pour financer l’aide aux pays pauvres a été adoptée en 2005 par 66 pays en faveur des
« sources innovantes » de financement du développement
(une taxe, c’est une innovation toute neuve… bravo, on est contents).

Dans cette déclaration, les pays signataires s’étaient engagés à travailler ensemble pour « approfondir et développer » le projet de
« contribution de solidarité sur les billets d’avion », destiné à pallier l’insuffisance de l’aide publique au développement.

Selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les objectifs du millénaire sur l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim dans le monde ne seraient pas atteints si le niveau de l’aide restait identique.
Non ? Sans blague ? Ils viennent de le découvrir ces pauvres cons ?
Vous pensez vraiment, en 2013, que le problème allait être réglé pour 2015 ?

Une idée brillante… sur le papier

Bref, cette idée brillante lancée à Davos par Jacques Chirac consistait à prélever une taxe sur chaque billet d’avion, solution plus simple que de lutter contre la corruption qui, dans les pays concernés, bouffe déjà tout le pognon dédié à l’humanitaire.

Cet argent devait être affecté à la lutte contre le sida, la malnutrition, la tuberculose et le paludisme.
Bon… pour l’instant, vous jugerez vous-même au regard de l’actualité, vu qu’aucun de ces quatre fléaux n’a été éradiqué.
Nous sommes en 2013, plus que quatre ans pour sauver le tiers-monde… on peut rêver.

Le gouvernement français estimait qu’une taxe de cinq dollars par billet en classe éco rapporterait 10 milliards d’euros par an si elle était appliquée dans le monde entier.
Restait à convaincre les pays développés, et en premier lieu les États-Unis, de la mettre en œuvre.
Comme si c’était aux pays sous-développés de commencer… logique.

Dominique de Villepin avait présenté la proposition à l’ONU, puis lors de conférences de presse avec Lula, Zapatero et Lagos.
De la branlette diplomatique de mecs qui s’emmerdent dans leur bureau.

Application réelle et opacité totale

Trois pays – la France, le Chili et le Royaume-Uni – ont appliqué la taxe dès 2006.
En 2010, plus de 110 pays avaient signé le pacte.
On voit aujourd’hui ce que la crise financière a fait de cette « facilité financière ».

La majorité des pays développés restent hostiles à toute nouvelle taxe, à commencer par les États-Unis, premier marché mondial du transport aérien.
Voilà pour la bonne foi de nos dirigeants quand il s’agit d’aider quatre milliards de terriens qui vivent dans une merde absolue.

Où en sommes-nous en 2013 ? Aucun pays signataire n’a jamais été capable de présenter publiquement la méthode de recouvrement et de redistribution de la taxe Chirac.
Comment font-ils ? Quel est le résultat ?

À ce titre, je vous invite à lire

le rapport parlementaire du 15 février 2011
concernant l’enquête de la Cour des comptes.

Frais de gestion délirants

La taxe a bien sûr évolué depuis sa mise en œuvre.
On peut aujourd’hui monter jusqu’à 40 € par billet, selon la classe, la destination, le prix du vol, etc.
On est loin du petit euro symbolique.

Cerise sur le gâteau, les frais de gestion de cette merveille administrative coûtent une fortune.
90 millions d’euros de frais en 2009 pour 300 millions collectés.
Oui, 90 millions pour des « lawyers ».
Putain, ça c’est de l’objectif de technocrate.

Autant UNITAID me paraît gérée de manière saine – du moins en première ligne, puisqu’on ignore ce qui se passe après – autant l’ensemble IFFIm, GAVI et GAV donne l’impression que des économies sont possibles, à condition que ces entités de droit anglais ou suisse l’acceptent.

UNITAID, fondation Clinton et foutage de gueule

90 % de la taxe est redistribuée à UNITAID, qui finance aussi… la fondation Clinton.
Aucune transparence sur les montants ni sur l’usage réel des fonds.
Billy peut continuer à faire des conférences en jet privé et à mouiller le cigare tranquille.

Le pire, c’est que la commission parlementaire elle-même n’en sait rien :
« UNITAID continue-t-elle à financer la fondation Clinton, et dans quelle proportion ? »
Bravo le contrôle.

Pendant ce temps, les États-Unis n’appliquent même pas la taxe dans leurs propres aéroports.
Encore un bel exemple de solidarité mondiale à sens unique.

Conclusion : une usine à gaz coûteuse et inefficace

Pour conclure, il apparaît clairement que la taxe Chirac est une usine à gaz dont la gestion coûte une fortune et dont les résultats sont loin, très loin, des promesses initiales.

Jacques Chirac affirmait qu’on pourrait « éradiquer la faim dans le tiers-monde » en moins de dix ans grâce à cette taxe.
Je crois surtout que la barre avait été mise un peu trop haut, ou que Chirac voulait laisser son nom dans l’histoire à défaut d’autre chose.

Il serait temps, en pleine crise, de revoir les conditions d’octroi de cette taxe, de contrôler jusqu’au bout le chemin emprunté par NOS IMPÔTS et d’en juger l’usage réel sur le terrain.

La prochaine fois que vous prendrez l’avion pour partir en vacances, souvenez-vous qu’une part non négligeable de cette taxe finance surtout des cabinets d’avocats et des fondations opaques,
pendant que, sur Terre, un enfant meurt toutes les cinq secondes de malnutrition.
Mais chut… silence, on gaspille.

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