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Sondage sur le bilan des réformes Sarkozy : la grande déconne des instituts de sondages.


Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy

La blague du jour, c’est ce sondage que toute l’intelligentsia médiatico-politique parisienne
s’est empressée de commenter à la radio et sur les plateaux télé.
Objectif : faire du buzz et alimenter les débats en ce début de campagne présidentielle.

Voici, en résumé, ce que rapporte L’Express à propos d’un récent sondage :

Sur douze grandes réformes lancées depuis quatre ans par Nicolas Sarkozy,
l’allégement des droits de succession reçoit le soutien de 60 % des sondés,
15 % estimant en revanche qu’elle aura un impact négatif.

D’autres réformes bénéficient également d’un solde positif :

le Grenelle de l’environnement (14),
la loi sur le service minimum (13),
le RSA (9),
et le Grand Paris (6)
.

Ouaaaiiis… bon ben c’est gagné.
Voilà encore les sondages bien foireux des instituts parisiens.
Il faut quand même leur rappeler un détail :
il existe une vie au-delà du périphérique.
La France, ce n’est pas Paris.

La France, ce sont plus de 60 millions d’habitants,
plus de 44 millions d’électeurs.
Ce n’est pas 1,5 million d’électeurs parisiens
qui vont décider de ce qui est prioritaire pour tout le pays.

Je doute franchement que la majorité des Français
considère le « Grand Paris » ou le
« service minimum »
comme des réformes essentielles.
Surtout quand une grande partie de la population
n’a ni métro, ni RER, ni même parfois un bus ou un TER
dans son bled de 3 000 ou 50 000 habitants.

Les sondeurs, sortez de chez vous, visitez la France

On se demande encore où les instituts vont chercher
leurs fameux échantillons « représentatifs ».
Dans tous les cas, il va falloir recommencer l’enquête.

Essayez donc d’appeler :
un chômeur ancien garagiste au fin fond du Cantal,
un médecin de campagne dans le Limousin,
un cadre à Toulouse,
un agriculteur en colère dans les Landes,
un retraité au Pays basque,
ou un ouvrier à Bordeaux.

Je parie qu’aucun ne citera spontanément le
« Grand Paris »
comme réforme prioritaire pour améliorer son quotidien.
Là, le résultat ressemblerait déjà moins à une grosse blague.

Et alors, le pompon :
le Grenelle de l’environnement jugé positif par… 14 % des sondés.
Franchement, c’est presque un exploit.

Quatorze pour cent de bobos ravis à l’idée
qu’ils ne se chaufferont plus au gaz ou au nucléaire
d’ici 2072 ?
Ce Grenelle, annoncé à grands coups de communication,
enterré un an plus tard à coups de pelle,
qu’a-t-il réellement changé ?

À part prouver que les conseillers en communication
de Sarkozy étaient très bons,
je cherche encore ce qu’il a transformé
dans l’écologie nationale ou internationale.

L’inutilité des sondages d’opinion

Soyons honnêtes :
quelle crédibilité accorder à une réforme
portée par un gouvernement incapable
d’interdire le gaz de schiste,
d’autoriser simplement l’huile de colza,
ou d’imposer de vrais investissements
dans les énergies propres ?

Le Grenelle était peut-être une bonne idée sur le papier.
Dans les faits, son contenu et son application sont morts.
Circulez, il n’y a plus rien à voir.
L’important reste de vous faire croire
que tout cela changera bientôt la face du monde.

Pour conclure, je me marre :

« Qu’est-ce qu’il est intéressant ce sondage !
Ça fera sûrement la une des journaux parisiens… »

Inutile. Absurde.
Une illustration de plus du nombrilisme
d’une élite persuadée de fabriquer l’opinion publique
à coups d’enquêtes bidons et de buzz médiatique.

Ça les fait vivre, sans doute.
Mais ça emmerde surtout la majorité des citoyens.
Personne n’est dupe.
Et dans deux mois, plus personne ne se souviendra
de ce sondage.

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