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Abaissement de la vitesse à 80Km sur les routes nationales

Radar automatique et abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales
Radar automatique et limitation de vitesse à 80 km/h

Vitesse limitée à 80 km/h : mesure efficace ou erreur ?

Chaque année, au moment opportun – souvent à la veille des grands départs en vacances – lorsque l’État s’apprête à imposer une nouvelle mesure impopulaire en matière de sécurité routière, les médias relaient les statistiques officielles du nombre de morts sur les routes. C’est dans ce contexte que revient régulièrement le sujet de l’abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales.

Agacé par la complaisance médiatique autour de cette annonce, j’ai jugé utile d’écrire quelques lignes sur la question. Le gouvernement justifie cette décision par les mauvais résultats de la politique de sécurité routière depuis plusieurs années, alors même qu’une étude récente souligne l’état préoccupant du réseau routier français après trente ans de sous-entretien. Une question s’impose : à quoi sert réellement l’argent récolté par la verbalisation des radars automatiques ?

Ce projet, sorti du chapeau du Premier ministre Édouard Philippe, ne semble être ni le fruit d’une analyse factuelle ni celui d’une réflexion objective. Le niveau de désinformation atteint aujourd’hui un seuil inquiétant, tant la manipulation de l’opinion paraît assumée.

Qu’attendons-nous pour exprimer notre mécontentement, alors que nous passons tant de temps sur les réseaux sociaux ? Pourquoi ne pas interpeller directement sénateurs, députés, maires et ministres sur leurs comptes publics, dans les forums, sur les marchés ou lors des réunions locales ? Soutenir les associations de défense des automobilistes devient essentiel lorsque, dans le même temps, nos libertés individuelles se réduisent un peu plus chaque année.

Routes nationales : la limitation à 80 km/h réduit-elle vraiment la mortalité ?

Le business très rentable de la répression routière franchit aujourd’hui un nouveau cap, avec la complicité d’équipementiers spécialisés dans les dispositifs de contrôle et de verbalisation automatisée. Pendant ce temps, de nombreux conducteurs étrangers circulent librement sans être réellement inquiétés, malgré l’existence d’un système de plaques européennes.

Les chiffres avancés ne reposent sur aucune étude indépendante sérieuse. Une analyse récente publiée par l’association « 40 millions d’automobilistes » montre au contraire que l’état des infrastructures routières est un facteur bien plus déterminant dans les accidents que la vitesse seule.

Pourquoi, six mois après la fin de l’expérimentation menée sous le quinquennat Hollande/Valls, les conclusions officielles ne sont-elles toujours pas publiées ? Si les résultats étaient aussi probants qu’annoncé, ils auraient déjà été largement diffusés.

Abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes nationales

Derrière le discours sécuritaire, on perçoit surtout une volonté de taxation déguisée des déplacements, notamment lors des périodes de forte circulation. Sous couvert de lutte contre la « violence routière », la répression s’intensifie, soutenue par certains relais médiatiques et institutionnels.

Le débat public se retrouve confisqué, tandis que les questions légitimes des citoyens sont rarement relayées lors des conférences de presse. Cette absence de contradiction nourrit un climat de défiance croissante.

80 km/h sur les routes nationales : quel impact réel ?

Chaque année, les médias évoquent une « hausse alarmante » du nombre de morts à certaines périodes clés. Ces statistiques sorties de leur contexte servent trop souvent de justification à une politique répressive accrue.

Réduire la vitesse à 80 km/h : une mesure réellement efficace ?

Depuis 1980, le nombre de morts sur les routes est passé d’environ 14 000 par an à près de 3 500 aujourd’hui, soit une baisse de 75 %. Dans le même temps, le parc automobile est passé de 12 à 36 millions de véhicules. Ce sont là les seules statistiques réellement significatives.

Même avec des comportements exemplaires et des véhicules toujours plus sécurisés, le risque zéro n’existera jamais. La question n’est donc pas de tendre vers une mortalité nulle, mais d’adopter des mesures proportionnées et efficaces.

Aujourd’hui, la vitesse moyenne réelle des déplacements en France avoisine les 50 km/h. Cette situation pose aussi un problème économique : perte de temps, productivité réduite, coûts indirects pour les entreprises et les particuliers.

La mortalité routière reste une tragédie humaine, mais l’instrumentalisation des chiffres masque d’autres drames bien plus meurtriers : accidents domestiques, maladies liées à la pollution ou au tabagisme, largement absents du débat médiatique.

En conclusion, la voiture demeure indispensable pour une grande partie de la population active. Ignorer cette réalité, c’est creuser davantage le fossé entre décideurs et citoyens.

Le signe d’une civilisation avancée : inventer l’automobile pour finalement rouler à la vitesse d’une mobylette, tout en prétendant stimuler la croissance.

Je reste convaincu qu’une mobilisation citoyenne est nécessaire. La Ligue de défense des conducteurs dénonce depuis des années cette dérive et organise actuellement une consultation nationale sur la vitesse et la sécurité. J’invite chacun à y participer.

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